Diabète : la clinique du futur existe déjà

Share Button

Nous avons été invités les 21 et 22 avril dernier à Amesterdam par le laboratoire Medtronic pour une présentation de leur nouvel appareil de suivi en continu de la glycémie appelé Guardian Connect. Le laboratoire a souhaité à cette occasions nous faire visiter Diabeter, une clinique privée des Pays-bas basée à Rotterdam à la pointe de la technologie dans le domaine du diabète.

Cette clinique a été créée façon start-up il y a 10 ans par le Dr H.J. AANSTOOT (diabétologue), un peu sur le modèle des maisons du diabète que nous connaissons en France métropolitaine et à La Réunion, avec une équipe pluridisciplinaire (diabétologue, diététicien, infirmière, psychologue).

Mais ce que nous avons découvert là bas est à milles lieues de ce que nous connaissons en France actuellement.

Voyez plutôt.


 

Un suivi du diabétique haut de gamme, 40% moins cher qu’en France

Accueil de la clinique Diabeter (Rotterdam - NL)

Accueil de la clinique Diabeter (Rotterdam – NL)

60 personnes, 21000 patients et une mine de bonnes idées basées sur le bon sens et les nouvelles technologies qui permettent aux Pays-Bas de réduire le coût de gestion d’un patient diabétique de 40%.

Basés sur les dernières technologies en matières de télé médecine et prise en charge du diabète, le patient a le choix entre un suivi en présentiel ou à distance, à la carte, et selon ses besoins.

Un système malheureusement impossible à mettre en place en France compte tenu de l’organisation de notre système de santé.

En effet, les Pays-bas, contrairement à la France, gèrent leur santé principalement sur le principe de mutuelles privées. Une négociation peut ainsi être menée entre une société privée comme Diabeter et les mutuelles. Et le calcul est vite fait : un patient diabétique coûte en moyenne 10.000 € à l’assurance. Diabeter demande seulement 6.000 € pour un service haut de gamme personnalisé et qui en plus limite considérablement les complications liées au diabète qui coûtent une petite fortune à la sécurité sociale (mais dépenses qui ne sont pas perdues pour tout le monde).

Un système très efficace dont nous devrions nous inspirer.

 

Clinique Diabeter : accueil grand standing

Les patients sont accueillis dans un cadre chaleureux et moderne, très loin de l’image de la clinique traditionnelle en France. Voyez plutôt sur ces quelques photos.

Clinique Diabeter RotterdamClinique Diabeter Rotterdamgallery/diabeter (99 van 107)

 

Télé-médecine et proximité avec le patient

Diabeter a développé une plateforme logicielle qui permet aux patients de télécharger les données de leurs pompes à insuline, capteurs de glycémie en continu et lecteurs de glycémie sur un seul et même logiciel. Ces données sont accessibles au personnel soignant (diabétologues, infirmières, diététicienne, …) à tout moment, et en continu.

Mon enfant diabétique : télésuivi DiabeterLe personnel soignant est ainsi capable d’analyser l’équilibre glycémique du patient avant chaque consultation afin de préparer au mieux les entretiens. Mais cela ne s’arrête pas là : le logiciel développé par Diabeter permet aussi de déterminer si une consultation est nécessaire pour adapter le traitement : une gestion proactive qui permet de prévenir des complications futures. Bien entendu, les patients ont, eux aussi, accès à leurs données afin de pouvoir adapter leur traitement par eux-mêmes.

La télé médecine tient une grande place dans le suivi des patients : ils peuvent bénéficier de consultations vidéo ou téléphoniques qui évitent à la plupart d’entre eux de devoir perdre du temps en déplacements souvent inutiles.

Ces contacts « virtuels » ne le sont pas tant que cela : avec les outils de communication modernes, on a vraiment l’impression d’être assis en face de la personne avec laquelle on échange. Ces contacts à distance sont un complément extrêmement efficace aux entretiens en face à face avec le diabétologue. Ils évitent bien souvent les complications qui coûtent tant d’argent au système d’assurance maladie.

Avec un suivi de ce type, nous avons calculé avec nos interlocuteurs que le coût des complications liées à un diabète pourraient passer en France de 7,5 milliards d’euros à seulement 3 milliards d’euros. Bien entendu, cette économie de 4,5 milliards serait un manque à gagner important pour les hôpitaux français.

Sans compter, il va sans dire, le bénéfice immense pour les patients diabétiques. Espérons que le bien être des patients diabétiques et la réduction du déficit de la sécu passent avant la santé financière des hôpitaux dans l’esprit des décideurs du ministère de la santé français.

 

Diabeter : une stratégie de partage sur les réseaux sociaux

Diabeter est très actif sur les réseaux sociaux : ils proposent des directs sur Facebook dans lesquels les diabétologues abordent différents sujets et répondent aux questions des internautes. Ils ont également une chaine YouTube où l’on retrouve les contenus qu’ils créent dans leur propre studio vidéo.

 

Diabeter : un suivi psychologique également

Clinique-Diabeter-espace-psychologueDiabeter prend aussi en charge l’aspect psychologique du diabète : les patients ont la possibilité de parler de l’impact de la maladie avec un psychologue. Un point très important, surtout dans certaines période de la vie comme au cours de l’adolescence !

 
 

En conclusion

Nous avons été vraiment impressionnés par cette clinique. Cette manière d’aborder le diabète donne la possibilité de créer une réelle proximité entre l’équipe soignante et le patient diabétique. Un peu comme nous le faisons nous-même en temps que parent d’enfant diabétique.

Des équipements comme le Guardian Connect que nous testons actuellement sur notre fils nous permettent d’avoir une vision du futur. Mais avec Diabeter, nous changeons vraiment de catégorie et sommes honnêtement un peu jaloux de ne pas avoir cette même vision en France.

De retour des Pays-Bas, nous avons décidé d’en parler à notre diabétologue pour partager avec elle cette expérience extraordinaire. Nous pensons que Diabeter pourrait et devrait servir de modèle à tous les services de diabétologie, en France et ailleurs.

Les technologies permettant de prendre en charge le diabète évoluent de plus en plus vers la numérisation et le « clouding ». Nous sommes surs que le personnel soignant en France est prêt à travailler et à adopter ces technologies. La volonté politique suivra t-elle ?

Affaire à suivre …

 

gallery/diabeter (42 van 107)

Pour en savoir plus, voici comment consulter le site de Diabeter

Et comme d’habitude, si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux.
Si vous avez des questions, posez-les dans les commentaires en bas de cette page.

A bientôt

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
Pour recevoir nos prochains articles, inscrivez-vous ici :
I agree to have my personal information transfered to MailChimp ( more information )
Bonjour et bienvenue sur notre blog ! Si vous souhaitez recevoir nos articles automatiquement, dites-nous juste à quelle adresse nous devons vous les envoyer !
Nous détestons les spams : votre adresse ne sera jamais cédée ni revendue.
Powered by Optin Forms

4 thoughts on “Diabète : la clinique du futur existe déjà”

  1. Merci pour ces infos, effectivement cela fait rêver !!
    Autre info, Abbott et le gouvernement se sont mis d’accord, le Free Style Libre va être remboursé prochainement, une grande avancée pour tous les diabétiques insulino dépendants, la fin des piqûres au bout du doigt !!! Nous avons reçu notre 1ère ordonnance, mon fils est tout excité !

    1. Bonjour,
      Effectivement, j’ai appris vendredi dernier que l’accord avait été signé avec le gouvernement. Je m’apprêtais à écrire un article assez désagréable à l’endroit du gouvernement suite au dernier numéro du journal de l’AJD qui dénonçait l’amateurisme (voire le cynisme) du personnel du ministère de la santé français. Nous avons longuement parlé avec un responsable haut placé chez Medtronic vendredi soir, qui me décrivait le mode de fonctionnement ahurissant de notre ministère. Ne sachant pas si tout cela est confidentiel ou non, je ne vous dévoilerais pas le teneur de nos échanges, mais ce que je retiens c’est que le ministère ne gère pas les sujets de santé publique de manière globale. Un mode de fonctionnement qui peut aboutir à des prises de décisions qui peuvent paraître censées sur le moment, et qui aboutissent à des dépenses énormes.
      En tout cas, bonne nouvelle pour le Freestyle : c’est une première avancée.
      Mais avec des systèmes comme le Guardian Connect, nous sommes déjà à un stade ultérieur : un système communiquant pro-actif.
      Je l’ai testé sur moi (non diabétique) pendant 2 jours avant de le poser sur notre fils pour un test d’un mois (dont les 2 premiers jours en parallèle avec le Freestyle libre).
      Je rédigerai un article dans quelque temps pour donner notre retour d’expérience à nos lecteurs : mais le grand avantage que nous avons tout de suite détecté avec le Guardian Connect, c’est le système d’alertes prédictives qui nous a déjà permis, dès le premier jour, d’éviter 2 hypoglycémies avant qu’elles ne surviennent. Nous avons également pu tester de manière très précise l’impact de différents aliment pour les resucrages avant hypo. Enfin, ne pas se lever la nuit pour rien, et être prévenu par l’appareil s’il y a vraiment besoin. Quelle avancée !
      Ce n’est pas que du confort : un système comme celui-ci nous permet d’améliorer encore la gestion du diabète de notre fils. Et nous sommes persuadés qu’avec des technologies de ce type largement répandues, le coût global pour notre sécu pourrait diminuer à court, moyen et long terme.

      1. Je suis bien d’accord, Le Guardian est en avance sur le Free Style Libre, et ce n’est pas du confort non !!!
        mais déjà que le Free Style puisse bénéficier à tous et pas seulement à ceux qui pouvaient l’acheter sur le site d’Abbott me réjouit !!

        1. C’est vrai. Freestyle libre est déjà une avancée énorme dans la gestion du diabète, ainsi que dans la gestion des déchets (même si je ne comprends toujours pas pourquoi Abbott livre toujours ses capteurs avec un applicateur qui pourtant pourrait être réutilisé).
          Économiquement, le coût est à peu près le même entre bandelettes et capteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *