Diabète type 1 et le sport

En fin d’année scolaire, mon fils a participé à une randonnée cycliste sur 3 jours. Il a parcouru une centaine de kilomètres, avec quelques dénivelés. Je voulais partager avec vous cette expérience très positive qui prouve que le diabète peut très bien s’adapter à notre mode de vie. Ce qui me permettra de répondre à quelques-unes de vos questions sur le sport.

Tout d’abord, voici quelques rappels sur l’activité physique et le diabète.

EFFETS DE L’EXERCICE PHYSIQUE SUR LA SANTE :

Chez le diabétique comme chez le non diabétique, faire de l’activité physique régulièrement apporte beaucoup de bénéfices :

  • cela améliore la condition physique et la coordination,
  • cela aide à contrôler le poids,
  • cela diminue plusieurs facteurs de risque de maladies cardio-vasculaires,
  • cela apporte un sentiment de bien-être et réduit le stress,
  • et réhausse l’image et l’estime de soi,
  • et cela développe certaines habiletés sociales (coopération, travail d’équipe, socialisation …).

EFFETS DE L’EXERCICE SUR LE DIABÈTE :

L’entraînement physique régulier (pratique d’une activité physique au moins 3 ou 4 fois par semaine) peut avoir un effet bénéfique sur le contrôle des glycémies. Il augmente la sensibilité à l’insuline, la rendant ainsi plus efficace ! L’exercice régulier diminue le pic hyperglycémique après un repas ainsi que les besoins en insuline.

EFFETS DE L’EXERCICE SUR LA GLYCÉMIE :

L’exercice entraîne une consommation de glucose par les muscles sollicités. La glycémie peut donc varier à la baisse (hypo) pendant une ou plusieurs heures après la période de sport.

Il y a un risque d’hypoglycémie pendant l’activité mais aussi bien après (2 12 h après l’activité) : outre le risque d’entraîner une hypoglycémie pendant ou après l’activité physique (si celle-ci n’est pas compensée par une collation glucidique adéquate), l’exercice physique peut aggraver une hyperglycémie et déséquilibrer le diabète si le contrôle est mauvais en raison d’un manque d’insuline. Il est donc important de comprendre comment ajuster en conséquence les diverses composantes du traitement du diabète : l’insuline et l’alimentation.

Même pendant l’exercice, une certaine quantité d’insuline est nécessaire : l’exercice ne peut remplacer l’insuline ! 

En effet, on pourrait penser que l’activité physique va « brûler » le sucre du repas précédent mais sans insuline, c’est impossible ! L’insuline est nécessaire pour permettre au sucre de passer du sang vers les cellules (muscles notamment). J’ai fait l’expérience de « sauter » une injection avant le sport, et les résultats n’étaient vraiment pas bons (glycémie trop haute, avec grosse fatigue).

PRÉCAUTIONS A PRENDRE POUR FAIRE DE L’EXERCICE EN TOUTE TRANQUILLITÉ :

Il est important de réaliser que l’effet de l’exercice sur le corps est différent pour chaque personne. Il est donc préférable de se fier aux expériences personnelles, en mesurant fréquemment la glycémie avant, pendant et après l’exercice.

AVANT LA PRATIQUE DU SPORT

La glycémie devrait être entre 120 et 160 mg/dl avant de débuter l’exercice.

Si la glycémie est :

  • < 60 ou signes d’hypoglycémie : prendre du sucre et une collation
  • entre 60 et 120 : prendre une collation
  • entre 120 et 250 : débuter le sport sans prendre de collation
  • > 250 : rechercher l’acétone dans le sang. S’il y a présence d’acétone, ne pas faire de sport. S’il n’y a pas d’acétone, le sport est possible sans collation.

CONSEILS PRATIQUES GÉNÉRAUX

Pour un exercice non planifié, il faut ajouter une collation et surveiller la glycémie (pas d’ajustement d’insuline)

Pour un exercice planifié, des modifications au niveau de l’insuline et/ou de l’alimentation sont à envisager.
Ceci dépend de :

  • la durée de l’activité
  • l’intensité de l’activité
  • la glycémie au moment de commencer l’activité
  • le laps de temps entre l’activité et la prise d’un repas ou d’une collation

EN CAS D’EFFORT PRÉVISIBLE

Il y a 3 possibilités d’ajustements à faire :

  • diminuer les doses d’insuline
  • augmenter ses apports glucidiques au moment des repas et des collations
  • diminuer les doses d’insuline et augmenter les apports glucidiques.

ADAPTATION DES DOSES D’INSULINE rapide

La diminution est généralement de 10 à 20% de la dose selon l’intensité de l’exercice. Parfois les diminutions peuvent atteindre 40 à 50 % de la dose d’insuline rapide … c’est au cas par cas !

On modifie l’insuline rapide qui précède l’activité physique. Exemple : j’ai un match de handball prévu à 14h00, je diminue la dose d’insuline de 12h00.

Attention : il ne faut pas injecter l’insuline dans une région musculaire qui sera soumise à une activité intense. Exemple : c’est une course qui est prévue, ne pas injecter l’insuline dans la cuisse.

AJUSTEMENT DE L’ALIMENTATION

Ne jamais faire de sport à jeun. Si on prévoit de faire du sport de longue durée ou d’intensité soutenue, il est nécessaire d’augmenter la quantité de glucides lents (féculents)

Si une activité physique se prolonge au-delà d’une heure ou si elle est très intense :

  • prendre une collation de 10 à 30 g de glucides selon l’âge, sous forme de : collation + eau ou jus de fruit
  • prendre une collation glucidique si besoin selon la durée de l’activité et/ou de l’intensité
  • contrôler au minimum la glycémie toutes les heures si activité intense ou prolongée de plus d’une heure
  • boire régulièrement de l’eau.

RETOURS SUR L’EXPÉRIENCE DES 3 JOURS DE VÉLO

Pendant ces 3 jours, j’ai diminué de moitié les doses d’insuline rapide et j’ai également diminué la dose d’insuline lente (-2 unités). Mon fils a aussi mangé beaucoup plus. Je l’ai laissé manger à sa faim sans compter, et ses glycémies étaient parfaites !!! Je n’ai eu que peu d’épisodes d’hypoglycémies car je surveillais régulièrement (toutes les 2 heures environ) sa glycémie. En cas de fortes chutes, il prenait du sucre par anticipation. Le meilleur resucrage était une boisson sucrée (de l’eau sucrée ou de l’eau avec du sirop), que je gardais dans un sac à dos. Le bidon sur le vélo était de l’eau pure. Là, il en buvait des litres !!!

Ce que j’ai bien retenu en tout cas, c’est que l’activité physique ne remplace pas l’insuline. Même si l’activité physique est intense, le diabétique de type 1 a besoin d’insuline pour pouvoir utiliser le sucre qu’il a dans le sang.

Mon fils a été très fier de lui. Le diabète n’a pas du tout été un problème. On l’a presque même oublié … et ça fait du bien !

A très bientôt, et merci pour vos commentaires.

Magali

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5 thoughts on “Diabète type 1 et le sport”

  1. Bonjour,
    Merci à vous pour cet article, mon fils rentre en 6ème, c’est un sujet qui nous concerne de près.
    Il est très sportif, activités en général planifiées, mais il est toujours bon de revoir les bases, et surtout, je vais imprimer votre article pour le prof de sport du collège !!
    Bonne journée, continuez ainsi 🙂

  2. Bonjour Magali,
    Chouette article qui me réconforte dans ce que je pratique car Victor fait régulièrement du sport… Moi j’ai plutôt tendance à donner des collations en plus quand sa glycémie chute car j’ai peur de diminuer l’insuline étant donné qu’il y a des sports et des périodes où sa glycémie monte à la place de chuter (ex : ski, voile….) Je pense que c’est lié à l’exitation ?
    Etes-vous sûre que le sport n’est pas déconseillé (voir interdit) lorsqu’il est à plus de 250 de glycémie (même sans cétones) car j’ai toujours entendu et lu qu’il fallait éviter le sport à plus de 250 ?
    A bientôt et merci pour vos chouettes articles ! Bernard Iweins

    1. Bonjour Bernard,
      Il est vrai que certains sports peuvent avoir tendance à faire monter la glycémie. La principale raison :
      le stress (excitation, concentration, engagement) occasionné par certains sports (ex : sports d’équipe…) ou certaines pratiques (ex : compétition …). Cela provoque une poussée d’adrénaline qui fait monter la glycémie.

      Concernant votre question, il est vrai que de nombreux médecins préfèrent interdire par précaution le sport en cas d’hyperglycémie (> 250 mg/dl), car on n’a pas toujours les moyens de vérifier l’acétonémie au moment de l’activité. Mais sachez que c’est la présence d’acétone dans le sang qui contre-indique le sport, car cela peut aggraver la situation et entraîner rapidement une acido-cétose.
      Donc, Victor peut faire du sport, même si sa glycémie dépasse les 250 mg/dl, à condition qu’il n’ait pas d’acétone.

      Bonnes sorties sportives et à bientôt !

      Magali

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