Diabète de type 1 | Quand l’hyperglycémie s’installe

Vous avez été très nombreux à répondre à mon sondage sur vos difficultés face au diabète de votre enfant et le problème le plus récurent est la gestion des hyperglycémies. Et comme vous, je suis bien entendu confrontée régulièrement à ce problème !

Parfois, la glycémie monte, monte et on a l’impression que l’insuline n’agit plus, voire, empire la situation !!!! Combien de fois avez-vous fait des bolus sans qu’il n’y ait aucune incidence ?
On en vient à se demander si l’insuline n’est pas périmée ou si le stylo ou la pompe fonctionne bien ?

Après plusieurs expériences, je me suis rendue compte qu’il n’en est rien. Cela arrive régulièrement que les besoins en insuline augmentent d’un coup sans raison apparente parfois, puis redescendent progressivement pour se normaliser. Rien d’inquiétant dans tout cela, mais il est vrai que cela nous perturbe et qu’on aimerait bien comprendre. Surtout, on se demande comment réagir ?

J’ai remarqué que cela arrive souvent pendant les vacances scolaires. Moins d’activités et rythme plus tranquille, forcément, mon enfant se dépense moins s’il reste tranquille à la maison. Par contre, s’il va au centre de loisirs, il se dépense beaucoup, donc je n’ai pas de problème d’hyperglycémie.

Aussi, lorsqu’il est malade, on peut observer une période d’hyperglycémies, mais sur un plus court terme. Dès que les microbes sont partis, tout se normalise. Mais là aussi, les besoins en insuline augmentent et il faut réagir.

Tout d’abord, voici quelques consignes très importantes en cas d’hyperglycémies prolongées :

  • vérifier l’acétonémie régulièrement. Si votre enfant a de l’acétone dans le sang, c’est qu’il manque cruellement d’insuline. Soit votre insuline est inactive (suite à un choc thermique par exemple) et il faut alors changer la cartouche ou le cathéter si pompe, soit il faut vraiment augmenter la dose. Mais il faut réagir très vite pour éviter l’acidocétose (complication grave de l’hyperglycémie prolongée) et qui nécessite une hospitalisation d’urgence.
  • ne pas réduire les quantités de glucides habituelles. Si vous changez l’alimentation en même temps que les doses d’insuline, vous ne saurez pas si les glycémies sont correctes grâce aux glucides ingérés ou à la dose d’insuline. On ne change qu’une chose à la fois.
  • faire boire votre enfant très souvent (de l’eau).
  • On serait tenté de dire à son enfant d’aller courir pour faire baisser sa glycémie. Mais attention, s’il a de l’acétone, surtout pas de sport ! Cela empirerait la situation !
  • Tester la glycémie de votre enfant plus souvent, surtout la nuit. Si la glycémie est supérieure à 250 mg/dl, 4 heures après le dernier repas (vers 0h00), ne pas hésitez à faire un bolus d’insuline rapide (1/10ème de la dose d’insuline totale des 24 heures (rapide+lente)) suivi d’une vérification de glycémie toutes les 2 heures.

 

Voici comment j’adapte les doses d’insuline pour combattre ces hyperglycémies prolongées.

J’adapte les doses d’insuline en fonction de la glycémie pré-prandiale du repas précédent.

Ci-dessous, le tableau qui me sert à ajuster les doses d’insuline. C’est un exemple, chaque traitement doit être adapté au cas par cas.

Si les glycémies avant les repas sont « normales » (< à 149), j’injecte la dose de base d’insuline rapide au moment des repas.

Si les glycémies sont au delà de 149, j’ajoute à la dose de base le correctif nécessaire selon la valeur de la glycémie. Par exemple : si la glycémie à midi est à 189 avant de manger, je ferais une injection de 4 unités (3,5 + 0,5) au lieu de 3,5 si la glycémie avait été « normale ».

Ce tableau me sert de repère pour savoir comment ajuster les doses d’insuline rapide en fonction des glycémies pré-prandiales (avant repas). Je veille à respecter les quantités de glucides habituelles préconisées par le médecin.

Lorsque je constate que les glycémies restent hautes (avant et après repas) sur plusieurs jours, malgré les corrections d’insuline, je modifie progressivement les valeurs de base d’insuline rapide. Selon les valeurs des glycémies constatées, j’augmente l’insuline de 0,5 ou de 1 unité chaque jour.

◘  Pour corriger la glycémie au réveil : j’ajuste la dose d’insuline LENTE de la veille au soir
◘  Pour corriger la glycémie avant midi : j’ajuste la dose d’insuline RAPIDE du matin
◘  Pour corriger la glycémie avant goûter : j’ajuste la dose d’insuline RAPIDE du midi
◘  Pour corriger la glycémie avant dîner : j’ajuste la dose d’insuline RAPIDE du goûter
◘  Pour corriger la glycémie avant coucher : j’ajuste la dose d’insuline RAPIDE du soir

J’augmente ainsi progressivement les doses en fonction des glycémies à corriger jusqu’à obtenir des glycémies normalisées. Je note bien les hypoglycémies et si besoin, je réajuste à la baisse les doses d’insuline.

Diabete-type-1_injection _insuline

Voilà, cet épisode d’hyperglycémies a bien duré 2 semaines. Cela paraît long, mais au final, tout est rentré dans l’ordre. Mon enfant a retrouvé un équilibre glycémique …. jusqu’au prochain déséquilibre ! Et malgré une moyenne des glycémies à 200 sur 2 semaines, l’hémoglobine glyquée 1 mois plus tard était à 6,7 %. Donc, pas de panique, tant que la durée des hyperglycémies reste limitée !

Si l’épisode hyperglycémique venait à durer au delà de 2 semaines, je vous conseille de vous rapprocher de votre médecin rapidement. Et surtout, ne pas oublier de surveiller l’acétone dans le sang en cas d’hyperglycémies prolongées.

J’espère que cet article a été suffisamment clair. L’adaptation des doses d’insuline est un sujet particulièrement compliqué et pas simple a expliquer, car nous n’avons pas tous les mêmes schémas de traitement, ni les mêmes marges de manœuvre… N’hésitez pas à me questionner si vous avez besoin de précisions.

Je reste à votre écoute et à bientôt !

Magali

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5 thoughts on “Diabète de type 1 | Quand l’hyperglycémie s’installe”

  1. Merci pour vos articles qui m’ont beaucoup intèrèssè ! Moi j’ai un diabète type 2 . J’attend avec impatience vos prochains articles ( comment stabiliser son diabète ) Vous m’aidez beaucoup par vos bons conseils ! Merci et courage à vous. De tout cœur avec vous <3. L'article diabète type 1 très intèrèssant !

  2. Bonjour,
    je lis que votre site est dédié plutôt aux enfants mais moi je suis diabétique depuis 2 ans et j’ai
    63 ans. Un diabète soudain sans aucune explication , un mois avant ma glycémie était parfaite.
    En terme de connaissance sur ma situation je me considère comme un enfant.
    Peut-être auriez-vous un conseil à me donner ?
    Pb : Tous les jours je me couche avec une glycémie entre 0,9 et 1.2 mais tous les jours je me réveille
    en hyperglycémie entre 1.8 et 2.5 . En modifiant la lantus , le soir ,ça ne change rien (passage de 24u à 34u aucun changement même minime). Le diabétologue ne me donne pas de solution, avec vos expériences peut-être avez-vous une idée ?

    1. Bonjour,
      La glycémie nocturne est LA glycémie la plus difficile à stabiliser et normaliser, car il se passe beaucoup de « choses » la nuit, notamment au niveau hormonal. En effet, en fin de nuit certaines hormones ont tendance à faire monter la glycémie : c’est ce que l’on appelle le « phénomène de l’aube » qui touche 60% des diabétiques de type 2.
      Il serait intéressant de voir ce qui se passe chez vous la nuit. Avez-vous un lecteur de glycémie en continu ? Cela nous donnerait la courbe de glycémie nocturne.

      Je sais que certaines personnes arrivent à contrer ce phénomène en réglant leur pompe à insuline de manière à ce qu’il y ait plus d’insuline distribuée en fin de nuit.
      Voilà les quelques explications que je peux vous donner. Parlez-en à votre diabétologue lors de la prochaine consultation.

      Merci pour votre commentaire, je reste à votre écoute en cas de besoin.

      Magali

  3. Bonjour,
    en ce qui me concerne c’est un diabète de type 1 , enfin c’est ce qu’on m’a dit à part la parole du diabéto du CHU je n’ai rien d’autre . Sachant qu’un ami a eu strictement les mêmes symptômes et traitement identique à part la medformine depuis 3 ans ,lui est en type 2 et que même en cas de type 2 ils préfèrent vous mettre sous insuline .
    J’ai quelques doutes légitimes sur certains praticiens des CHU, car j’ai galéré pendant 20 ans avec un pb cervical qui
    n’existait pas pour eux et après traitement par un ostéo très reconnu ,plus de PB.
    Pour en revenir à mon diabète ,c’est plus compliqué. Il m’arrive de faire des hypos ( 1.4 avant repas et 0.36 au cours du repas 20 minutes après l’injection). De même parfois je suis à 0.8 au réveil et le lendemain je me lève à 2.5.

    1. Bonjour,

      Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune. Chez les diabétiques de type 1, le système immunitaire prend pour cible les cellules bêta du pancréas (qui fabriquent l’insuline), comme s’il s’agissait d’agents infectieux à éliminer. Les symptômes apparaissent plusieurs mois voire plusieurs années après le début de ces événements, quand plus de 80 % des cellules ont été détruites : envies d’uriner très fréquentes et abondantes, soif anormale, fatigue générale intense et/ou une perte importante de poids malgré un bon appétit.
      Le diagnostic du diabète de type 1 passe par la détection de certains anticorps circulants dans le sang, chez les personnes dont la glycémie est élevée. Cela permet de distinguer cette forme de diabète des autres, et d’adapter le traitement en conséquence.
      Seulement 10% des diabétiques dans le monde sont des diabétiques de type 1, et la moitié des cas se déclarent avant l’âge de 20 ans.

      Quant au diabète de type 2, il concerne 90% des diabétiques. Il existe malheureusement une prédisposition génétique. La maladie est favorisée par une baisse de sensibilité des cellules à l’insuline (on parle d’insulino-résistance), notamment sous l’effet de l’obésité ou de la sédentarité. Pour répondre à la demande accrue en insuline qui en découle, les cellules du pancréas produisent davantage d’insuline jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus répondre ou finissent par s’épuiser. La production d’insuline devient alors insuffisante conduisant à une accumulation de glucose dans le sang (hyperglycémie).
      C’est pourquoi, les diabétiques de type 2 peuvent être traités de différentes manières :
      – 1- une modification des habitudes de vie : une perte de poids quand elle est nécessaire, une activité physique régulière et une alimentation équilibrée;
      – 2- des antidiabétiques oraux;
      – 3- l’insulinothérapie, si les résultats attendus ne sont pas satisfaisants.

      Voilà, je voulais simplement vous expliquer que ce n’est pas le traitement qui détermine le type de diabète. On confond souvent diabète de type 1 et diabète de type 2, mais ce n’est pas du tout la même maladie.
      Je serais bien incapable de vous dire de quel type de diabète vous souffrez. Seule la présence d’anticorps spécifiques (anti-cellules bêta du pancréas) dans votre sang peut vous affirmer que vous souffrez d’un diabète de type 1.

      Concernant vos hypoglycémies en cours de repas, essayez de décaler l’injection d’insuline juste après le repas (à condition qu’il ne dure pas plus de 30 minutes), ou alors en milieu de repas, disons juste après le plat principal. Cela devrait résoudre le problème.

      Voilà, j’espère ne pas avoir été trop longue… N’hésitez pas à me questionner si besoin. A bientôt.

      Magali

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