Comment vivre une rentrée scolaire sereine : nos astuces

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De nombreux parents me font part de leurs angoisses face à la rentrée scolaire qui approche : nouvelle école, nouvel enseignant, cantine, sorties, etc ….

J’arrive à ma 4ème rentrée scolaire, avec 2 changements d’école. J’ai toujours une petite appréhension mais je vais essayer de vous faire partager mes astuces pour que tout se passe au mieux pour tout le monde : notre enfant, l’équipe enseignante et nous, parents.

Tout d’abord, il est normal d’être angoissé par la rentrée, parents comme enfants, qu’il y ait un diabète ou pas à gérer en plus.

Voici ce que je fais :

Je rencontre l’enseignant(e) AVANT la rentrée scolaire. Le jour de la pré-rentrée des enseignants est idéal. En général, il(elle) trouve toujours une petite demi-heure à me consacrer, dans le calme. C’est l’occasion de donner le PAI (voir plus bas dans l’article), d’expliquer le diabète et la gestion des hypoglycémies, et SURTOUT, de dédramatiser la diabète aux yeux de l’enseignant. C’est très important, car j’ai constaté que plus on dédramatise, plus il est facile d’obtenir l’adhésion de notre interlocuteur(trice). Je pense donc que cette étape est donc primordiale.

Je rassure le personnel de l’école, c’est très important. Je leur montre que je leur fais confiance. C’est gratifiant pour eux et ils s’appliqueront. Je prends le temps d’expliquer pour dédramatiser car le diabète de type 1 est mal connu.

Je reste très disponible. J’ai déjà proposé à l’enseignant de venir en classe une semaine ou 2 après la rentrée pour parler du diabète aux enfants. C’est l’occasion de leur expliquer pourquoi mon enfant doit parfois boire et manger en classe, qu’il peut avoir le droit d’aller aux toilettes quand il veut, et doit parfois se tester pour vérifier sa glycémie. Cela doit rester ludique afin de dédramatiser la maladie (les enseignants apprennent aussi beaucoup à cette occasion).

Je n’oublie pas de parler des anniversaires, moments importants pour les enfants. Pour ma part, j’ai simplement dit aux enseignants que mon enfant ne boirait pas de boissons sucrées, mais qu’il avait droit à sa part de gâteau et de bonbons qu’il ramène à la maison et qu’il mange au moment du goûter.

Pour les sorties scolaires,  J’y participe au début seulement, toujours pour rassurer.

J’insiste bien sur le fait que l’enseignant doit TOUJOURS avoir du sucre avec lui et lorsque la classe quitte l’école pour aller au sport par exemple, je précise bien qu’il faut ABSOLUMENT emporter la trousse de l’enfant diabétique. Une astuce : les enseignants doivent toujours emporter avec eux une trousse de secours lors d’une sortie. Je leur fait rajouter du sucre dans cette trousse dès la rentrée !

Je laisse du temps aux enseignants pour apprivoiser le diabète. Ne leur demandez pas tous les jours comment s’est passé la journée. Il faut leur laisser le temps d’ « absorber » ce que nous parents avons mis plusieurs mois à apprendre. Ne pas leur donner trop d’informations à la fois.

Je fais confiance à mon enfant ! S’il me sent stressée, il le sera aussi et ne prendra pas forcément les bonnes décisions. Pas à pas, il va apprendre à se prendre en charge.

En cas de difficultés avec les enseignants, n’hésitez pas joindre rapidement le médecin scolaire, voire votre diabétologue. Ils peuvent vous aider à débloquer la situation et éviter les tensions.

Le Projet d’Aide Individualisé (PAI)

Le Plan d’Aide Individualisé est un document très important à rédiger AVANT l’entrée à l’école de votre enfant. Je prévois toujours de voir le Diabétologue quelques semaines avant la rentrée (attention aux congés d’été !), ainsi le document est prêt pour la rentrée, plus qu’à le faire signer par l’école.

Ce document reprend toutes les informations concernant le traitement et les consignes à suivre pour permettre le déroulement d’une scolarité normale, en toute SECURITE pour l’enfant et en toute TRANQUILITE pour l’établissement scolaire.

Il prend en compte les recommandations médicales du diabétologue et décrit précisément les consignes et gestes d’urgence si besoin. Ce document n’est pas obligatoire mais fortement conseillé, dans le but rassurer les familles et les enseignants.

Vous trouverez ici un modèle de PAI que j’utilise personnellement. D’autres modèles sont disponibles selon les académies, ou sur le site de l’AJD.

 

Les hypoglycémies

C’est LE sujet important à aborder avec les enseignants, car ils doivent réagir et aider l’enfant. C’est aussi ce qui leur fait peur …

Je leur décris les symptômes de mon enfant : pâleur, sueur, excitation inhabituelle, comportement inapproprié, grosse fatigue, etc ….
Avec mon enfant et l’enseignant, nous nous mettons d’accord sur un signe qui permet à l’enfant de dire qu’il est en hypo sans déranger la classe. Par exemple, en CP, mon enfant disait « hippopotame » en levant le doigt. Les autres années, il levait la main avec 2 doigts en forme de V. Voir avec l’enseignant ce qui est le plus approprié selon la classe.

J’explique à l’enseignant que les hypos ne sont pas graves, mais qu’il faut réagir sans attendre. L’enfant doit cesser toute activité (intellectuelle ou physique) et s’occuper de sa glycémie.

J’informe aussi l’enseignant que mon enfant peut ne pas ressentir son hypoglycémie, et qu’en cas de glycémie trop basse, il peut perdre connaissance. C’est une urgence mais il n’y a pas de risque vital. Surtout ne pas donner de sucre par la bouche mais appeler le  SAMU (15), pas les pompiers car ils ne peuvent pas faire l’injection de glucagon. Et aussi prévenir les parents qui peuvent parfois arriver avant le SAMU …

 

La cantine

L’enfant diabétique peut manger à la cantine comme ses camarades sans régime particulier ! Il suffit simplement de se procurer les menus à l’avance. Personnellement, pour mon enfant, j’imprime les menus de la cantine et je les placarde sur le frigo. Je passe en revue chaque repas et note si besoin s’il faut ajouter du pain ou alors ne pas en prendre du tout. Chaque matin, je découpe le menu revisité et le glisse dans la poche de mon enfant. Arrivé à table, il sait combien de tranches de pain il peut manger en fonction du menu.

Il faut être vigilant sur l’heure d’injection de l’insuline. Si une infirmière passe à l’école, il faudra qu’elle s’adapte à l’heure de la cantine, et pas l’inverse. J’ai rencontré quelques soucis avec des infirmières qui ne passaient jamais à la même heure, ce qui entraînait beaucoup d’hypo et d’hyper difficiles à gérer.

 

Les classes vertes, les sorties à la journée

Mon enfant a déjà participé à 2 classes vertes : une en grande section de maternelle (2 mois de diabète), et l’autre en CE2 (3 ans de diabète). Pour moi, il était impensable qu’il n’y participe pas à cause de son diabète. N’étant pas autonome dans son traitement à ces moments-là, la solution a été qu’un des 2 parents fasse partie du voyage. Nous étions présents pour assurer les injections et gérer l’alimentation. Mais nous restions assez détachés de notre enfant afin qu’il profite, presque comme les autres, d’un séjour sans parents.

Lors de la prochaine année scolaire, notre enfant va participer à une semaine de classe itinérante en vélo (30 à 40 km par jour de vélo sur 5 jours). Notre challenge va être de le laisser participer seul, sans parents. Nous vous relaterons cette aventure dans un prochain article !

 

Le sport à l’école

L’enfant qui a un diabète peut et DOIT faire une activité physique et sportive. J’explique à l’enseignant que mon enfant doit mesurer sa glycémie avant le sport, et que s’il est en dessous de 110 mg, une petite collation s’impose. Ensuite, si possible, je demande l’emploi du temps et le type d’activité prévue dans l’année. Ainsi, je peux adapter les doses d’insuline précédant l’activité.

Et j’insiste bien (encore une fois !) sur le fait que l’enseignant doit toujours avoir du sucre sur lui, SURTOUT en cas d’activité sportive !!

 

Bonne rentrée à tous !

 

Je compte sur vous pour me faire part de vos expériences !

A bientôt.

Magali

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5 thoughts on “Comment vivre une rentrée scolaire sereine : nos astuces”

  1. Bonjour,

    Merci pour cet article plein de conseils ! Mon fils est nettement plus grand, il va rentrer en 6° mais nous n’avons que 4 mois d’expérience sur le diabète… avec des débuts très chaotiques le pauvre ! Du coup, je vais effectivement essayer de rencontrer l’infirmière avant la rentrée, si elle est là, pour lui remettre le nouveau PAI et le glucagon… Je pense aussi faire un mot à chaque professeur pour que personne ne l’empêche de prendre du sucre en classe, voire puisse l’aider si besoin, mais j’avoue que ça me stresse un peu, l’année dernière c’était plus simple de prendre du temps avec sa maîtresse pour bien tout lui expliquer, là je ne sais pas trop comment m’y prendre..
    Pour la classe découverte, il en a fait une mini en fin d’année (2 jours – 1 nuit), comme toi je ne voulais pas que le diabète l’empêche d’y participer. Nous avions fait appel à une infirmière pour lui faire les piqûres, il n’osait pas encore se piquer tout seul, et puis de toutes façons je trouve ça quand même mieux que quelqu’un vérifie un peu les doses. Je pense qu’il était assez inquiet, car avec peu d’expérience sur son diabète, et énormément d’hypoglycémies les premières semaines, mais tout s’est très bien passé et il était ravi ! (et j’avoue que j’ai quand même été soulagée quand je l’ai retrouvé en pleine forme 😉 )

  2. Merci pour ces conseils avisés. 3 eme Rentrée scolaire faite aujourd’hui, avec un fonctionnement très proche de celui que vous décrivez et Ça Marche! Il nous reste un point que nous n’avons pas réglé: la cantine. Notre fille (6 ans) rentre tous les jours manger (système de nounou à domicile) mais nous aimerions avoir des trucs pour pouvoir envisager de l’inscrire. Comment faites-vous pour la gestion des quantités?

    Merci pour vos conseils

    1. Bonjour Isabelle,
      Pour les quantités, cela fait longtemps que nous n’utilisons plus la balance et nous avons habitué notre fils à se servir seul à table. Il sait qu’en féculents, il doit se servir une moitié d’assiette. Ensuite, à la cantine, les portions sont bien quantifiées, donc, on lui dit simplement de ne pas se resservir, et de manger de tout si possible. Parfois, lors des repas exceptionnels (Noël par exemple), on adapte au cas par cas.
      A bientôt !

  3. Article très intéressant comme d’habitude, mais qui tombe à pic évidemment à cette période de l’année. J’ai repéré quelques astuces excellentes, je vais m’empresser de les mettre en pratique pour mon CM2 !
    pour ma part pour les repas, je fournis en accord avec l’école un complément en féculent quand il n’y en a pas au menu, ce qui arrive souvent quand même, 2 fois par semaine en moyenne. Et là, je plains les autres enfants non diabétiques qui vont devoir tenir toute l’après midi, et parfois faire du sport, avec des crudités, des courgettes poêlés et un yaourt en dessert !!

    J’ai une année de répit, le PAI est connu par l’école, ca va aller avec l’enseignante que je connais un peu. L’appréhension se jouera l’an prochain avec la 6ème… les dosages changeront avec l’adolescence, comment s’adapter au mieux ?!?

    Merci pour votre blog !!!!

    1. Bonjour et merci pour vos compliments !
      L’absence de féculents se retrouve malheureusement souvent dans les menus de cantine qui ne sont pas toujours équilibrés !!! C’est pour cela que parfois, je dis à mon enfant de prendre au moins 3 tranches de pain pour compenser l’absence de féculents, mais cela est rare. Par contre, dans votre cas, je trouve que 2 fois par semaine, un menu sans féculents, c’est de la torture pour tous les enfants qui vont entendre leur ventre gargouiller tout l’après-midi … Peut-être faire remonter l’info via l’association de parents d’élèves ?

      Bonne rentrée !

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