Préparation d’un exploit sportif

Depuis bientôt 3 mois, mon fils se prépare physiquement pour un exploit sportif qu’il va réaliser dans le cadre scolaire. C’est un grand challenge, déjà par la difficulté et la longueur de l’effort à fournir, mais aussi, à cause du diabète qu’il va falloir gérer. Bien entendu, je me suis proposée pour être parent accompagnateur et je me rend compte, à chaque entraînement, de l’effort physique et mental à fournir par ces chères petites têtes blondes !

La Traversée de la Drôme à vélo : 200 km en 5 jours !

Depuis le mois de mars, nous avons réalisé plus d’une dizaine de sorties vélo, plus ou moins difficiles. Déjà pour apprendre à rouler en toute sécurité, puis pour s’entraîner physiquement. Et pour mon fils et moi, il y a en plus à apprendre à gérer le diabète lors d’efforts physiques intenses et prolongés …

J’ai choisi de partager avec vous les résultats de nos apprentissages. Cela n’a pas été simple et je ne pense pas être prête pour le jour J, mais nous avons pu tester différentes stratégies. Alors voici nos péripéties …

Entrainement n°1 : 12 km après-midi

Entrainement du 8 mars
Circuit sur route avec peu de dénivelé

Adaptation des doses d‘insuline rapide : midi : -15 %, goûter -10% et soir -15%.

Ce premier entraînement s’est plutôt bien passé malgré l’hypoglycémie persistante entre 14h00 et 16h00. Mon enfant ne s’est pas testé avant le départ et on peut voir qu’il était déjà en hypoglycémie avant le départ … Cela ne l’a pas empêché de partir avec le sourire …

Mes conclusions : une collation avant de partir aurait été la bienvenue … Je pense que, soit le repas de midi était insuffisant, soit la dose d’insuline du midi était trop importante. Et le soir, la dose d’insuline rapide était trop importante.

Entrainement n°2 : 15 km après-midi

Circuit sur route avec peu de dénivelé

Adaptation des doses d’insuline rapide : midi : -15 %, goûter -10% et soir -20%.

Mes conclusions : Malgré un repas de midi plus riche en glucides que d’habitude et quelques collations, je n’ai pas pu éviter l’hypoglycémie de 15h00. Et, bien que j’ai diminué la dose du soir, j’ai toujours une hypoglycémie au coucher. Donc, au prochain entraînement, je continue à baisser les doses d’insuline rapide.

Entrainement n°3 : 18 km après-midi

Circuit sur route avec peu de dénivelé

Adaptation des doses d’insuline rapide : midi : -33 %, goûter -20% et soir -25%.

Mes conclusions : Encore une fois, je n’ai pas pu éviter les hypoglycémies de 15h00 et du soir. Au prochain entraînement, j’imposerai des collations glucidiques toutes les 30 minutes.

Entrainement n°4 : 18 km après-midi

Circuit sur route avec peu de dénivelé

Adaptation des doses d’insuline rapide : midi : -33 %, goûter -20% et soir -25%.

Mes conclusions : Cette fois ci pas d’hypoglycémies grâce aux collations glucidiques pendant l’effort (pruneaux), mais une belle hyperglycémie suite à un gros goûter à la pause de 15h30 (et pas d’insuline sur place …). Mais j’ai toujours cette hypoglycémie tardive en fin de soirée… Je dois baisser encore l’insuline rapide du soir …

Entrainement n°5 : 20 km après-midi

Après-midi vélo avec longue montée

Adaptation des doses d’insuline rapide : midi : -50 %, goûter -15% et soir -30%.

Mes conclusions : le démarrage à 14h00 était très haut : 366 md/dl. Vu la montée prévue, je me suis dit que la glycémie aller vite descendre. Finalement, pas tant que ça. La dose d’insuline du midi est maintenant trop basse. Et le gros goûter en milieu d’après-midi (sans insuline) a maintenu la glycémie assez haute. Mais cette fois ci, pas d’hypo pendant l’effort !! On retrouve toujours l’hypoglycémie du soir après le coucher …

Entrainement n°6 : 40 km journée

Journée vélo sur route avec peu de dénivelé mais beaucoup de vent de face !

Adaptation des doses d’insuline rapide : matin : -40 %, midi : -33 %, goûter -20% et soir -30%.

Mes conclusions :

Cette fois ci, beaucoup d’hypos, mais légères et contrôlées. Départ à 361, 2 heures plus tard 61 ! Aucun arrêt nécessaire pour mon fils à cause de sa glycémie. A chaque arrêt du groupe, il se contrôlait et prenait si nécessaire du sucre ou des fruits secs. Avec tout ce qu’il a mangé dans la journée, et avec le sport, on obtient une courbe de glycémie quasiment plate pendant 12 heures d’affilée !!! La nuit suivante a été encore une fois un peu basse… La prochaine sortie, je baisserai également la dose d’insuline lente.

Entrainement n°7 : 50 km journée

Grosse journée de vélo avec 15 km de montée continue (dénivelé de 430 m)

Adaptation des doses d’insuline rapide : matin : -55 %, midi : -50 %, goûter -33% et soir -33%.
Adaptation des doses d’insuline lente : la veille au soir -2 unités (-10%), le soir même -4 unités (-15%)

Au départ à 9h00 : glycémie à 279
Première pause vers 10h00 : glycémie à 85 –> collation 1 compote +1/2 barre de céréales (=20 g de glucides)
Vers 11h00 en plein effort de montée, hypoglycémie à 54 –> 2 sucres.
Fin de la montée vers 11h30 : glycémie à 49 –> 1 sucre + ½ barre de céréales + 1 compote (25 g de glucides)
12h00 : Repas pique-nique avec insuline diminuée de 54%
14h15 : glycémie à 57 –> 1 sucre
14h30 : glycémie à 64 –> 1 sucre + 1 barre chocolatée (20 g glucides)
15h30 : glycémie à 53 –> 1 sucre + 1 barre de céréales (25 g glucides)

Mes conclusions : encore une fois beaucoup d’hypoglycémies malgré de nombreuses collations glucidiques. Mais cela n’a pas empêché mon enfant de rouler à bonne allure… Je dois encore agir sur les doses d’insuline (lente + rapide).

Et le lendemain, hypoglycémies jusqu’à 15h00 tout en réduisant les doses d’insuline rapide de moitié à chaque repas. A partir de 16h00, mon fils avait enfin reconstitué ses stocks de glycogène, et est donc passé en hyperglycémie ! J’ai donc repris les doses d’insuline habituelles.

Lendemain de la grosse sortie vélo : au repos à la maison …

Entrainement n°8 : 50 km journée

Grosse journée avec dénivelé de 440 m

Cette fois-ci, je décide de ne plus injecter d’insuline dans les cuisses. Cela concerne l’insuline lente du soir et l’insuline rapide du soir. Je fais maintenant ces 2 injections dans le haut des fesses car les muscles des cuisses sont trop sollicités pendant le vélo.

Adaptation des doses d’insuline lente : la veille -6 unités (-30%), et le soir même -3 unités (-15%)
Adaptation des doses d’insuline rapide : matin -55%, midi -35 %, goûter -30% et soir -33%

Conclusions : je m’attendais à un réveil en hyperglycémie vu la baisse importante de l’insuline lente de la veille. Mais non …
Mais mon fils s’est retrouvé en hyperglycémie toute la matinée … j’ai peut-être un peu trop baissé l’insuline lente de la veille et trop baissé également l’insuline rapide du matin…
Mon enfant a énormément mangé à 12h00 (il a pioché des chips et des biscuits à tous ses copains !), je n’ai donc pas trop diminué la dose d’insuline du midi. Malgré cela, à 13h30, il s’est senti mal. Le lecteur de glycémie ne voulait pas fonctionner. J’en ai déduit que sa glycémie devait être en forte chute. Il a pu tout de même continuer la randonnée sans souci après une pause de 30 mn.
La prochaine sortie, je diminuerai moins l’insuline lente de la veille et l’insuline rapide du matin.

Entrainement n°9 : 25 km matinée

Cet entraînement a été perturbé par la pluie. Il aurait dû être beaucoup plus intense…

Petite matinée de vélo, perturbée par la pluie

Adaptation des doses d’insuline lente : la veille -5 unités (-25%), et le soir même -3 unités (-15%)
Adaptation des doses d’insuline rapide : matin -45%, midi -25 % (arrêt de la randonnée), goûter -0% et soir -0%

Au départ, la glycémie était parfaite 229. 1 heure après le départ, avant une montée, la glycémie était en chute à 95. Mon fils a donc pris une collation (jus de fruits + biscuits = 20 g de glucides), puis tout s’est bien passé. Il y a eu une petite hypoglycémie dans l’après-midi et après le goûter. N’étant pas à la maison pour lui rappeler de baisser la dose au moment du goûter, mon fils s’est injecté la dose habituelle d’insuline …
Au coucher, la glycémie était à 174. Pas d’hypo du soir cette fois ci !

Entrainement n°10 : 40 km journée

Grosse randonnée très vallonnée, avec passage d’un col le matin (427 m)

Adaptation des doses d’insuline lente : la veille -4 unités (-20%), et le soir même -3 unités (-15%)
Adaptation des doses d’insuline rapide : matin -30%, midi -30 %, goûter -30% et soir -20%

Glycémie avant de partir : 148 en légère baisse. –> 1 compote (10 g de glucides).
Avant l’ascension du col : 100 –> 1 jus de fruit + 1 biscuit (30 g de glucides)

Mes conclusions : cette sortie s’est très bien passée, je pense avoir enfin réussit à gérer la glycémie pendant l’activité sportive.
Mon enfant s’est beaucoup dépensé et a fournit de gros efforts dans les montées. Il n’a pas eu besoin de sucre ou collation dans l’après-midi.

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Donc, durant la semaine de vélo, je réduirai la dose d’insuline lente de 20%, et les doses d’insuline rapide de 30% environ. Sachant que j’aurai en plus à gérer la composition des repas que je découvrirai au dernier moment …

Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! je suis consciente qu’il est très très long, et un peu technique… Mais je voulais vous montrer qu’on apprend tous les jours et que la meilleure façon est de tester. Petit à petit, on arrive à s’améliorer …

Nous y serons dans une semaine, du 3 au 7 juin 2019. Je compte sur vous pour penser à nous ! Nous vous raconterons bien sûr notre aventure TDV 2019 dans un prochain article ! A très bientôt !

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4 thoughts on “Préparation d’un exploit sportif”

  1. Un grand merci pour cet article si détaillé.
    Mon fils a 12ans et souhaite s’inscrire en section triathlon l’an prochain, on comprend tout mon intérêt à vous lire il fait maintenant régulièrement des sorties plus ou moins longue, c’est très difficile de trouver le bon rythme. Et je connais par cœur les hypos du coucher, je ne trouve pas toujours les doses adéquates…
    Il est sous omnipod depuis septembre toutefois, et je trouve le diabète bcp plus facile à gérer, avec ou sans sport.
    Je vous souhaite bcp de courage pour cette belle semaine d’aventure, je penserai à vous, je trouve ça génial !!!!

    1. Bonjour et merci beaucoup Hélène !
      Je suis ravie que mon article vous fasse écho … et j’espère convaincre de nombreux diabétiques à faire du sport !
      A très bientôt!

  2. C’est une experience que je doit relire pusieur fois pour en tirer des conclusion….. Bonne chance en juin la temperature serait un autre facteur a gerer plus le stress du depart en tout cas votre petit sera bien notre champion

    1. Merci beaucoup Fettah !
      Vous avez raison, il faudra AUSSI gérer le stress, la chaleur …. Aie aie, c’est moi qui vais stresser maintenant !!! Je suis dans les préparatifs et j’espère ne rien oublier !
      A bientôt !!!

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